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BOUGER LES LIGNES - C. Galactéros

FIGAROVOX - François Fillon et l'Europe gaullienne : vers une coopération Paris-Berlin-Moscou ?

22 Novembre 2016 , Rédigé par Caroline Galactéros Publié dans #Figaro, #Politique, #Europe

FIGAROVOX - François Fillon et l'Europe gaullienne : vers une coopération Paris-Berlin-Moscou ?

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'ancien Premier ministre est connu pour ses positions russophiles. Pour Caroline Galactéros, celles-ci s'ancrent dans une vision réaliste de l'Europe et pourraient permettre un rééquilibrage du couple franco-allemand.

La France a eu très, très chaud hier, mais le verdict est sans appel. Une vraie droite renaît enfin. C'est une très mauvaise nouvelle pour les populistes de tous bords, et pour l'extrême droite évidemment, qui prospère depuis trop longtemps sur nos renoncements et cherche même - suprême déshonneur -, à revendiquer un héritage gaulliste trop longtemps trahi. Un comble! Insupportable. Ainsi donc, le spectre froid d'un hollandisme de droite, aussi présomptueux que hors sol, qui aurait très probablement parachevé à coups de demi-mesures l'engloutissement de notre pays dans le renoncement identitaire et l'asphyxie économique et sociale semble donc clairement distancé. Attention toutefois aux chaînes et armes qui cliquettent encore sous le linceul. Il faut dimanche prochain porter le coup de grâce à cette fausse alternance. Je suis fière de mes compatriotes car ce vote est porteur d'une grande espérance. La France n'est donc pas perdue. Les Français sont courageux et lucides. Ils ont compris qu'ils n'avaient rien à gagner à écouter davantage les boniments commodes de ceux qui veulent les endormir pour n'avoir point à agir vraiment. Madame la Marquise a reconnu que tout n'allait pas très bien. La maison brûle, les écuries sont en feu, les chevaux enfuis et il faut enfin se décider à rebâtir la France d'une main qui ne tremble pas. Le premier tour de «la Primaire de la droite et du centre», en dépit de son ouverture si dangereuse et des 15% d'électeurs de gauche venus la fausser en votant pour un candidat plus proche du radical-socialisme que d'un libéralisme conservateur assumé, vient de faire mentir l'adage tragiquement vérifié jusqu'alors selon lequel, «en France, il y a deux gauches dont une s'appelle la droite». La droite claire, nette, vraie et véritablement «droite dans ses bottes» vient donc de renaître de ses cendres et de se réincarner en une personnalité tempérée et déterminée, dont les convictions anciennes, le souverainisme, le pragmatisme et la hauteur de vue, notamment en matière internationale, pourraient bien faire mentir le triste constat sur la disparition de «l'espèce homme d'État». Et si la France avait discrètement porté en son sein un nouveau spécimen? Nous nous sommes tellement habitués à la pusillanimité, au nombrilisme et à l'irresponsabilité politiques que l'on n'ose encore y croire tout à fait.

On a tant dévalorisé les notions de souveraineté, d'État, de frontière, d'identité, de patrie qu'elles nous sont progressivement apparues comme de vieilles lunes inutiles.

Et puis, depuis 30 ans, on a tant dévalorisé les notions de souveraineté, d'État, de frontière, d'identité, de patrie qu'elles nous sont progressivement apparues comme de vieilles lunes inutiles. Pourtant, depuis le tournant du siècle, l'évolution du monde est implacable. Nous sommes parvenus à «la fin de la fin de l'Histoire». Les États et les peuples sont de retour, et l'Europe elle-même ne survivra comme ensemble puissant que si elle cesse de nier ses souverainetés internes et traite enfin sans mollir le besoin de protection et de respect de l'identité originelle de ses peuples constituants. Un peuple n'est pas une population, un agrégat informe d'atomes individuels affaiblis et réduits au consumérisme compulsif et débilitant. L'homme n'est pas davantage un robot transplantable ou interchangeable en route vers le transhumanisme illuminé. C'est un être de chair, de cœur et d'esprit mais aussi de symboles, qui a besoin de se sentir compris (au sens de «pris avec»), de s'incarner dans une histoire nationale multiséculaire et vivante. Il refuse l'insignifiance personnelle mais aussi collective et veut se sentir partie d'un tout plus grand que lui qui ne se réduit pas à ses «droits à». Il n'est pas qu'un Narcisse décérébré mais se veut loyal et utile à sa famille, à son entreprise et à son pays.

Les incantations sur l'« excellence » du modèle social français ne passent plus la rampe.

Quant à l'État enfin, il n'est pas qu'un pourvoyeur de ressources et de services, mais aussi un vecteur de sens et de lien - s'il sait bien sûr se mettre au service de la nation et non de ses seuls agents. Un État qu'il faut sans plus attendre drastiquement recalibrer pour le recentrer sur ses fonctions essentielles et pérennes, comme nous devons oser faire évoluer drastiquement notre fameux «modèle social» moribond. Les incantations sur son «excellence» ne passent plus la rampe. Notre économie est aussi en faillite et à la merci d'une remontée des taux d'intérêt. Les énergies individuelles et collectives sont écrasées par une embolie fiscale permanente qui les tue sciemment par pure idéologie, au nom d'une vision égalitariste et horizontale du monde et de la société à contre-emploi de toute efficacité. Notre système scolaire lui non seulement n'intègre plus les masses, mais rabroue les talents et les noie ou les fait s'exiler sans vergogne. Dieu merci, des millions de nos concitoyens ont manifestement fait éclater hier soir cette bulle de mensonge empoisonnée et manifesté leur clairvoyance et leur honnêteté intellectuelle. Oui, ce sont les entreprises qui créent l'emploi et les patrons l'embauche, et il faut enfin cesser de criminaliser la réussite et de confisquer le profit sauf à éteindre l'espoir et les énergies. Oui il faut préférer l'équité à l'égalité pure qui n'existe qu'en théorie. Oui, il va falloir travailler plus et plus longtemps, sans gagner davantage dans un premier temps… Bref notre prochain président de la République doit mettre en œuvre avec autorité une véritable révolution non seulement économique, mais sociale, intellectuelle, morale, stratégique et diplomatique. Il doit «réarmer» notre pays dans tous les domaines pour le replonger dans le réel, le remettre dans la course du nouveau monde qu'il a quittée comme un bolide fait une sortie de route: par confiance excessive dans sa «machine», mauvaise estimation de la vitesse, du terrain …et des voisins.

De même qu'on ne peut impunément décréter «l'identité heureuse» d'un pays malheureux, on ne peut voir le monde en noir et blanc toute sa vie.

Pour l'heure, les électeurs de droite clament massivement qu'ils veulent une rupture et ont choisi celui qui l'incarnait le mieux, sans excès mais sans équivoque. Ils ont choisi la vérité et la franchise, ils ont choisi celui qui peut oser prendre des décisions impopulaires mais salutaires, non atermoyer et reculer au moindre obstacle. Ils savent que la renaissance sera douloureuse pour chacun et que c'est la faiblesse dans la réforme, le demi-ton perpétuel, les compromissions corporatistes qui ont bloqué notre pays et l'ont relégué sur la scène mondiale. Ils comprennent manifestement mieux que bien des politiques, technocrates ou heureux bénéficiaires de régimes spéciaux indécents, qu'il faut - quel scoop! - travailler pour croître, écouter pour apprendre, obéir pour grandir, remplir ses devoirs pour mériter ses droits, respecter son pays et ses concitoyens pour s'y sentir chez soi.

Les Français de la droite et du centre (et beaucoup d'autres sans doute) attendent du neuf et du solide. L'inertie, la procrastination, la micro-gestion, le culte du consensus avant toute décision, l'incapacité à choisir et tenir, l'esquive devant la responsabilité, le dogmatisme et la déconnexion entêtée d'avec un réel économique, international et civilisationnel qui nous prend à la gorge ne font plus recette. Nos compatriotes sont courageux et lucides. Ils sont prêts à faire confiance à une force tranquille sans effets de manche mais qui ne confond pas la normalité avec l'ordinaire ou la banalité. Faire confiance à quelqu'un, en somme, qui assume «l'anormalité» de sa tâche et le caractère extraordinaire de son rôle de guide d'un peuple et d'une nation dans la tourmente, non de chambre d'écho de ses inconséquences et corporatismes. De même qu'on ne peut impunément décréter «l'identité heureuse» d'un pays malheureux, morcelé et à juste titre inquiet d'une infiltration islamiste majeure et d'un détricotage sociétal sous couvert de progressisme, on ne peut voir le monde en noir et blanc toute sa vie.

Nul doute que la semaine qui débute va voir se polariser le débat autour d'un prétendu cynisme de la vision internationale de Fillon, que l'on transformera en «ami des monstres» Poutine et Assad.

Ainsi, les attaques qui vont redoubler de violence sur le programme économique libéral et socialement «rétrograde» de François Fillon ou sur ses positions en matière de politique internationale sont emblématiques d'un entêtement dans «la droite-gauche» à refuser le réel et à préférer s'engluer doucement dans des mesurettes au nom d'un pseudo-réalisme.

Car le reste du monde existe. Nul doute que la semaine qui débute va voir se polariser le débat autour d'un prétendu cynisme de la vision internationale du vainqueur de dimanche, que l'on transformera en «ami des monstres» Poutine et Assad. Mais le dogmatisme présomptueux et à contretemps du réel de son challenger ne convainc plus. L'islamisme radical a démontré sa dangerosité, a souillé nos rues du sang de nos concitoyens. Celui qui, rêvant éveillé, disait en 2012 je crois, que «Bachar el Assad n'en avait que pour quelques semaines» n'est que «le double» d'un Laurent Fabius qui, quelques mois plus tard, trouvera «qu'Al Nosra (i.e. al-Qaïda) fait du bon boulot» en Syrie…. Surtout, son projet «d'accommodements raisonnables» avec l'Islam est suicidaire et sa naïveté envers le mouvement des Frères musulmans qui irrigue et quadrille silencieusement nos «territoires perdus» pour y transformer les consciences et favoriser la transformation de notre société est gravissime. Au-delà même d'une tentation électoraliste choquante et d'une très mauvaise appréciation de la dangerosité réelle de réseaux qui prospèrent et s'imposent via leurs nouveaux porte-parole de talent accueillis sans malice par nos médias, c'est la démonstration d'une faiblesse politique sidérante, d'une allégeance qui ne dit pas son nom. D'une soumission.

La Russie ne menace ni l'Europe ni l'Occident. Elle en est l'un des piliers.

Quant à la Russie, la férocité de l'anti-russisme en France - notamment depuis deux ans - relayé par les médias et bien des analystes qui se déconsidèrent d'un tel parti pris, n'est que le revers stupide d'une fureur et d'une jalousie devant l'évidence russe et celle d'une convergence historique, culturelle et civilisationnelle qui résiste à l'étroitesse d'esprit et l'ignorance de notre petit Landernau intellectuel qui vit décidément hors du monde. La Russie ne menace ni l'Europe ni l'Occident. Elle en est l'un des piliers. Elle a juste cessé de se laisser ostraciser par Washington et ses affidés européens. Elle veut retrouver son rang dans le monde, faire respecter ses propres «lignes rouges», cesser de se laisser tailler des croupières en Europe, ménager ses intérêts énergétiques et juguler l'islamisme qui la menace aussi. L'implication de Moscou dans un Moyen-Orient que l'Occident a cru pouvoir déstabiliser sans interférences, montre combien le monde a changé et combien ceux qui s'en croyaient les maîtres à jamais - pour le meilleur mais aussi le pire -, supportent mal la vérité et ne comprennent pas les atouts humains de la realpolitik. Encore une fois, il ne s'agit pas d'embrasser les Russes sur la bouche mais de savoir enfin où sont nos intérêts véritables. Et ils ne sont clairement pas dans le soutien aux islamistes sunnites qui fomentent ou inspirent les attentats qui tuent des Français en France. Il faut sortir de cette schizophrénie intenable aux conséquences sanglantes, ici comme là-bas, aux dépens de populations que l'on prétend vouloir protéger.

François Fillon a compris mieux que d'autres et depuis longtemps que la Russie était un immense voisin indispensable à la construction du nouvel équilibre mondial mais aussi européen.

François Fillon a en effet compris mieux que d'autres et depuis longtemps que la Russie était un immense voisin indispensable à la construction du nouvel équilibre mondial mais aussi européen. L'Europe et la Russie disposent ensemble de la masse critique indispensable pour constituer, entre Amérique et Chine, un ensemble stratégique crédible avec lequel il faudra compter. Que les anciens satellites de Moscou en aient peur peut se comprendre. Que l'OTAN, qui vit de la construction de l'affrontement avec Moscou, préfère préparer la guerre est plus grave. L'arrivée de Donald Trump, lui aussi doté d'un évident bon sens, d'un goût pour le dialogue équilibré avec des hommes forts, et d'un sens des priorités (d'abord s'allier contre l'islamisme radical mondial qui a juré notre perte) est une très bonne nouvelle. Prions pour qu'on le laisse faire. Le nouveau président américain veut mettre les Européens face à leurs inconséquences et leur demander de se prendre en main et en charge pour leur défense et leur sécurité? C'est une opportunité sans précédent pour l'Europe et pour la France, qui doit se replacer - grâce à son outil militaire unique - et à une diplomatie indépendante enfin digne de ce nom, à la première place politique du continent en sachant entraîner sa grande voisine allemande et d'autres États qui le souhaitent dans une renaissance collective enthousiasmante. Aujourd'hui, après 5 ans de colossales erreurs d'appréciation diplomatique et stratégique, et quelques autres auparavant lourdes aussi de conséquences sécuritaires, nous sommes au bord du gouffre. Paris ne compte plus au Moyen-Orient (ni vraiment ailleurs). Humiliation suprême, nous y sommes désormais tenus pour «une puissance affinitaire». Il faut tout reprendre, tout repenser et rebâtir une grande politique étrangère réaliste et humaine, en accord avec nos intérêts et nos valeurs.

Seul un véritable homme d'État mêlant vision, autorité et calme détermination peut relever de tels défis. Notre ancien président ne s'y est pas trompé hier soir qui, dans un discours poignant et d'une grande hauteur de vue, a apporté au vainqueur un soutien sans équivoque.

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Jean-Paul B. 23/11/2016 10:17

Madame Galactéros,
si je souscris pour l'essentiel à vos analyses géostratégiques (Syrie-Iran-Ukraine-Russie-Chine et bientôt peut-être USA), je conteste vivement votre vision de la politique économique et sociale à mettre en oeuvre en France, projet qu'incarne aujourd'hui M. François Fillon.
Pourquoi? simplement parce que M. Fillon fait partie de ces dirigeants qui ont avalisé et mis en oeuvre avec zèle les politiques d'austérité dictées par Bruxelles (5 ans premier ministre de M. Sarkozy et ce sans jamais "broncher",il devait y consentir un peu, qu'en pensez-vous?).
Maintenant venons en à l'essentiel: Partout où ces politiques drastiques (sauf pour les plus riches!) ont été mises en oeuvre, elles ont fait immédiatement exploser la pauvreté et réduit le "filet social" évitant ou retardant la chute dans l'extrême pauvreté pour les plus faibles (cf. le bilan social du "règne" de Mme Thatcher dans le R.U). En rendant les salariés encore plus précaires, elles les ont mis un peu plus à la merci des "entrepreneurs" que vous élevez, à tort, au rang de "héros" au service du Bien Commun.
Vous n'ignorez pas que les patrons (ceux du CAC 40 par exemple, pas les "petits patrons" qui peine pour vivre décemment de leur activité) se contrefichent des intérêts de la Patrie quand ils sont en contradiction avec leurs propres intérêts (dans l'histoire de notre pays, c'est une constante de leur comportement: cf. comportement de la majorité de "nos" grands industriels durant l'occupation allemande).
Laisser entendre que, sans les "contraintes" imposées par le Code du travail et le Code des Impôts,l'emploi se porterait mieux est une contrevérité.
Ce qui favorise l'emploi c'est d'abord le carnet de commandes bien rempli et un bon pouvoir d'achat des gens qui leur permet d'acheter cette production.
Tout le reste n'est que rideau de fumée pour augmenter la confusion dans la tête des braves gens pour qui l'économie c'est de l'hébreu et surtout les convaincre qu'il n'y a pas d'alternative et qu'il faut souffrir dans un premier temps (dont on ne nous indique jamais la durée!) pour que tout s'arrange plus tard (un peu comme la promesse du Paradis pour les gentils, mais après la mort!), c'est le fameux TINA cher à Mme Thatcher.
Mme Galactéros, il est dommage que vous mettiez votre belle intelligence au service d'une si mauvaise cause.

Nicolas 23/11/2016 02:55

C'est là où la qualité de vos analyses s'arrêtes brusquement, une faiblesse vous reste, les médias vous on dit > et vous continuez d'obéir sagement de peur de faire partie des "beaufs" ... ... Trump lui en a jouer à mort de la beaufitude , fuck la "dédiabolisation" et le peuple en a rien eu a faire de ses dérapages ce coup là, il a écouter ce qu'il disait de vraiment d'important.
Alors peut importe leurs défauts à ces "populistes" ils sont les seuls depuis un long moment à avoir garder les qualités essentielles ... le Fillon lui n'a pas été gêner d'être avec sarko le super caniche des américains, un gars qui se moque totalement de la France...

Stoony57 23/11/2016 00:39

Bien d'accord avec vous. On doit discuter avec la Russie. C'est l'OTAN qui menace la Russie et pas l'inverse. Il n'y aura pas d'autres Crimée (qui est revenue dans son giton russe historique).
Une remarque cependant pour tempérer votre optimisme sur les chances de François Fillon au deuxième tour : son gros score ne doit pas faire trop illusion car 15 % de voix de gauche, nous dit-on, se sont mêlé aux bulletins de droite. Selon moi, ces voix de gauche sont allées sur Fillon car il fallait faire passer Sarkozy en troisième position. Maintenant que c'est fait, ces voix de gauche, sans doute encore plus nombreuses, vont se reporter sur leur champion, Alain Juppé. Le match n'est pas plié, comme le disent certains médias.

Thierry M 23/11/2016 00:27

Est-ce un hasard d'avoir publié votre article le jour anniversaire de la naissance de Charles de Gaulle?
Vous prêtez à François Fillon un gaullisme plutôt de circonstance. François Fillon, premier ministre de Nicolas Sarkozy ne peut être gaulliste ou alors un gaulliste schizophrène pour servir la cause de Nicolas Sarkozy, qui n'est pas gaulliste mais sarkozyste, pendant cinq ans et à un tel niveau de responsabilité.
Une bonne partie des 15 % d'électeurs sympathisants de gauche a voté François Fillon. On ne peut pas reprocher à Alain Juppé d'avoir été clair en appelant dès le début le centre et les déçus de la gauche ( pas l'électorat de gauche) à le rejoindre. François Fillon a pris le train en marche en appelant tous les électeurs de gauche à voter sans autre précision, évidemment, et en posant la question de la légitimité de la candidature d'un '' mis en examen''. On doit se souvenir de la fameuse citation d'Edouard Herriot. François Fillon affirme que les Français ne sont pas génétiquement de droite ou de gauche, quel drôle d'argument, les Français pensent donc, ils ont des opinions, ouf! Cependant, dans un isoloir, toutes les mutations sont possibles.
Vous prenez un risque en parlant de " bolide faisant une sortie de route" cela pourrait être prémonitoire pour notre pilote de course.
L'option russe n'est pas une spécificité Fillon. Les programmes des candidats se ressemblent trop pour justifier un tel écart à l'issue du premier tour. Les propos de François Fillon sur le mariage pour tous en laissent beaucoup à mi-chemin. Son thatchérisme est bien pâle face aux premières propositions très réfléchies et d'une indéniable modernité d'Emmanuel Macron ( là est le danger).
Ce programme qualifié de conservateur ultralibéral n'apporte pas vraiment de nouveauté, d'innovation, c'est un peu de la peinture au pochoir alors que nous cherchons des créateurs, des virtuoses du coup de crayon et seul Alain Juppé, puisqu'il ne reste que lui, pourra les trouver.
De quel pragmatisme parlez-vous? Le véritable enjeu n'est-il pas de contrer la gauche et l'extrême droite en 2017 ? Qui gagnera l'adhésion d'un centre très obscur, je vous l'accorde, mais incontournable ?

G Bontemps 22/11/2016 19:36

Encore une de vos analyses tonitruantes ! Merci Madame. J'espère qu'il reste à votre "champion" quelques réminiscences de gaullisme social et/ou de séguinisme pour adoucir son thatcherisme assumé.

Jean-Paul B. 23/11/2016 17:53

"Les réminiscences de gaullisme social et/ou de séguinisme" que vous espérez être enfouies au fond de l'inconscient ou la mémoire de M.Fillon ne sont qu'affichage pour faire semblant de se démarquer de ses concurrents de la Droite et du Centre (M. Macron inclus!)
M. Fillon est aujourd'hui un "européïste" convaincu (c'est son droit!) qui regrette d'avoir voté non au traité de Maastricht et qui en 2005 a fait campagne pour le oui au référendum sur la constitution européenne, comme l'ont fait tous les "libéraux" du PS, de la Droite et du Centre. En tant que 1er Ministre pendant 5 ans de M. Sarkozy, il a participé sans vergogne à l'annulation du résultat de cette consultation du peuple. Reconnaissez que comme démocrate on trouve mieux, non?
Attention donc,ne vous bercez pas d'illusions, M. Fillon n'est pas celui que vous croyez/espérez, ses projets économiques et sociaux font qu'il représente ici et maintenant un véritable danger pour les conditions de vie et d'emploi de l'immense majorité de notre peuple.
Il vaut mieux en prendre conscience rapidement pour ne pas avoir à le regretter plus tard.