Les Faucons de la Guerre froide appellent au dégel entre Washington et Moscou

Publié le par Caroline Galactéros

Les Faucons de la Guerre froide appellent au dégel entre Washington et Moscou

L’ancien sénateur américain Sam Nunn, qui se considérait lui-même comme un “Faucon” du temps de la Guerre froide, en appelle aujourd’hui à un dégel entre les USA et la Russie pour que les deux puissances puissent résoudre ensemble certains aspects de la crise au Moyen-Orient. Nunn explique à la radio russe L’écho de Moscou : qu’« il n’y aurait pas de traité ; ça ne prendrait pas longtemps. Il y aurait seulement un engagement commun par lequel chaque pays (Russie et USA ndlr) s’engagerait à travailler ensemble pour empêcher que l’Etat islamique (DAECH) ou n’importe quelle organisation violente et extrémiste puisse mettre la main sur du matériel nucléaire, des bombes sales ou des armes de destruction massive ».Il précise qu’il en va de « l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants ». Sam Nunn a fondé et dirige depuis 2001 la Nuclear Threat Initiative (NTI), une organisation internationale dont l’objectif est de lutter contre la menace des armes biologiques, chimiques et nucléaires.

Le risque que DAECH puisse utiliser, y compris dans des attentats en Occident, des armes de destruction massive avait déjà été souligné par l’historien Stephen Cohen, dont nous évoquions une conférence prononcée sur le sujet il y a quelques semaines et qui en appelait lui aussi à un rapprochement entre Moscou et Washington.

N’oublions pas qu’il apparaît aujourd’hui plus que probable que le régime de Damas n’ait pas été à l’origine du massacre de Goutha du 21 août 2013 et que l’utilisation d’armes chimiques en cette sinistre journée ait été le fait de certains groupes “rebelles” qui souhaitaient ainsi faire franchir malgré lui à Bachar el-Assad, - comme “on suicide” un ennemi - les “lignes rouges” imprudemment définies par Barack Obama, offrant ainsi le prétexte nécessaire au déclenchement d’une intervention militaire occidentale d’importance en Syrie. Le rapport de l’ONU, contrairement aux dires de Laurent Fabius, confirme l’usage d’armes chimiques mais n’incrimine pas le régime. En revanche, un rapport du MIT incrimine quant à lui directement les « rebelles ».

N’oublions pas non plus que le 18 février 2016, une conspiration visant à perpétrer une dizaine d’attentats aux armes chimiques et biologiques a été déjouée au Maroc grâce à l’efficacité du Bureau marocain d’investigation judiciaire dépendant des services de sécurité intérieure du Royaume. Il s’agirait d’une cellule de l’Etat islamique composée d’une dizaine de personnes, dont un Français. D’après Europe 1, le groupe terroriste prévoyait notamment une attaque à la voiture piégée contre le Parlement marocain, ainsi que des attentats contre « les hôtels Sofitel et Medina du site balnéaire d’Essaouira, mais aussi (contre) l’un des plus grands centres commerciaux d’Afrique, le Morroco Mall de Casablanca ».

Post Scriptum : cet article complète celui consacré sur ce sujet aux interventions récentes de Henry Kissinger et de Stephen Cohen. De plus en plus, les spécialistes renommés des questions de sécurité et de défense américains, qui ont été aux affaires ou proches des cercles du pouvoir durant la Guerre froide, sont persuadés de l’urgente nécessité d’une nouvelle politique américaine rompant avec l’impérialisme idéaliste des deux dernières décennies, capable de tolérer voire d’encourager la définition de “lignes rouges” par les puissances dominantes actuelles, - au premier rang desquelles la Russie -, lignes rouges qui peuvent constituer autant de jalons de sécurité indispensables pour la mise en oeuvre d’un modus vivendi minimal et celle d’un dialogue favorisant la sécurité globale des rapports entre acteurs internationaux majeurs.

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